Non, il ne faut pas tout refaire. Un site WordPress vieillissant contient presque toujours deux choses qui ont beaucoup de valeur et qu'on ne rachète pas : son contenu et son référencement acquis. Ce qui est vraiment périmé, c'est la couche technique — thème, extensions, dépendances. La bonne méthode consiste donc à trier, pas à repartir de zéro.
Comment savoir si un site WordPress doit être refait ?
Trois signaux suffisent à trancher, et aucun n'est esthétique. Le premier : les mises à jour ne passent plus sans casser quelque chose, parce que le thème ou une extension n'est plus maintenu. Le deuxième : le site accumule des vulnérabilités connues que personne ne corrige, ce qui est le cas dès qu'une extension est abandonnée par son auteur. Le troisième : plus personne n'ose y toucher, et la moindre modification passe par un prestataire.
Si aucun de ces trois signaux n'est présent, un site qui « fait vieux » se règle avec un travail de design, pas avec une refonte. Si deux le sont, la refonte coûtera moins cher que la maintenance.
Ce qu'il faut garder absolument
Ce sont les éléments que vous avez payés une fois, souvent sans le savoir, et qu'une refonte mal menée détruit en une journée.
- •Le contenu. Textes, photos, descriptions produits, mentions légales : c'est du temps de rédaction accumulé sur des années. Il s'extrait, il ne se réécrit pas.
- •Les adresses des pages. Chaque URL indexée par Google a une ancienneté et parfois des liens entrants. Changer l'arborescence sans redirections revient à repartir de zéro en référencement.
- •L'identité visuelle réelle. Pas celle du logo sur la charte graphique : les couleurs effectivement utilisées sur le site, que vos clients associent à votre enseigne. On les récupère dans le thème.
- •Les comptes et intégrations tierces. Réservation, commande en ligne, outil de mesure d'audience : ces liens fonctionnent et n'ont aucune raison d'être refaits.
Ce qu'il faut refaire
Tout le reste, c'est-à-dire la couche technique. Elle est invisible du client mais c'est elle qui vieillit, et c'est elle qui coûte.
- •Le thème et les extensions. Un site WordPress ancien empile souvent quinze à vingt extensions dont la moitié ne sert plus. Chacune est une dépendance à mettre à jour et une surface d'attaque.
- •L'interface d'administration. C'est le point contre-intuitif : refaire le back-office est souvent le meilleur investissement. Une interface réduite aux besoins réels du client — la carte, les tarifs, l'équipe — sera effectivement utilisée, là où l'administration WordPress générique intimide et finit inutilisée.
- •La gestion des cookies et le bandeau de consentement. Les exigences ont changé, et les vieilles solutions ne sont plus conformes.
- •L'hébergement. Un hébergement mutualisé acheté il y a dix ans est rarement le bon choix aujourd'hui, ni en performance ni en coût.
Ce qu'on oublie presque toujours
Ce sont les détails qui ne se voient qu'après la mise en ligne, quand il est désagréable de revenir en arrière.
- •Les favicons. L'icône dans l'onglet du navigateur et sur l'écran d'accueil des téléphones. Elle existe déjà dans l'ancien site : il suffit de la récupérer.
- •Les redirections. Si une adresse change, l'ancienne doit rediriger définitivement vers la nouvelle. Sans cela, tout visiteur arrivant d'un ancien lien, d'un favori ou d'un résultat de recherche tombe sur une page d'erreur.
- •Les fichiers de découverte. `robots.txt` et `sitemap.xml` sont souvent générés par une extension WordPress. Quand l'extension disparaît, ils disparaissent avec — et les moteurs ne savent plus quoi explorer.
- •Les envois d'e-mails. Formulaires de contact et confirmations passaient par une extension. Il faut décider par où ils passeront ensuite, et vérifier qu'ils n'atterrissent pas en indésirables.
Combien de temps faut-il prévoir ?
Pour un site vitrine de restaurant ou de commerce, avec une carte à reprendre et un back-office sur mesure, comptez deux à trois mois calendaires — pas de travail à temps plein, mais un temps réel d'allers-retours avec le client. La récupération du contenu est rapide ; ce qui prend du temps, c'est de s'accorder sur ce que le client doit pouvoir modifier lui-même.
Faut-il rester sur WordPress ?
Cela dépend d'une seule question : qui va maintenir le site ? WordPress reste un excellent choix si quelqu'un, chez vous ou chez votre prestataire, applique les mises à jour tous les mois et surveille les extensions abandonnées. C'est précisément ce qui n'arrive pas dans la plupart des TPE, et c'est ce qui produit les sites que l'on nous demande de reprendre.
Sortir de WordPress se justifie quand le site a peu de pages, un besoin d'édition limité à quelques rubriques, et personne pour en assurer la maintenance mensuelle. On échange alors de la souplesse contre de la tranquillité — un arbitrage qui n'a rien d'évident et qui doit être posé avant de commencer, pas après.
Questions fréquentes
Va-t-on perdre notre référencement Google en refaisant le site ?
Pas si les adresses des pages sont conservées, ou redirigées définitivement vers les nouvelles quand elles changent. La perte de référencement lors d'une refonte n'est jamais causée par le changement de technologie : elle vient d'une arborescence modifiée sans redirections, ou de contenus supprimés au passage.
Pourra-t-on encore modifier le site nous-mêmes ?
Oui, à condition que ce soit prévu dès le départ. C'est même l'occasion d'améliorer les choses : une interface d'administration limitée à ce que vous modifiez réellement — carte, tarifs, horaires, équipe — est plus simple à utiliser que l'administration WordPress générique, et donc effectivement utilisée.
Combien coûte la reprise d'un site WordPress ?
Cela dépend presque entièrement du volume de contenu à récupérer et de l'étendue de ce que vous voulez pouvoir modifier vous-même. Un site vitrine avec une carte et un back-office sur mesure n'a pas le même coût qu'une simple remise au goût du jour. Le chiffrage se fait après avoir regardé l'existant : nous ne donnons pas de prix au forfait sans avoir vu le site.
Notre site fonctionne encore, faut-il vraiment y toucher ?
Un site qui fonctionne mais dont les extensions ne sont plus maintenues est un site qui accumule des vulnérabilités connues et publiques. Le risque n'est pas qu'il cesse de fonctionner, mais qu'il serve à autre chose que ce pour quoi vous l'avez fait — envoi de courriers indésirables, redirection de vos visiteurs, ou fuite des données de vos formulaires.
